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Le duc de Bourgogne en Flandre


I. LE LENDEMAIN D’OUDENARDE [1]


La défaite d’Oudenarde, que nous avons racontée, laissait l’armée française dans une situation fâcheuse sans doute, mais non point désespérée. Il semble que quelques résolutions vigoureuses auraient pu l’en tirer et rétablir les affaires. Ces résolutions ne furent point prises, et d’hésitations en hésitations, de contre-ordres en contre-ordres, la campagne commencée avec tant d’espoir devait aboutir à l’échec le plus sensible et le plus humiliant que la France eût connu depuis le commencement du règne : la perte de Lille et de toute la Flandre française. A qui incombe la responsabilité de ce désastre ? Les partisans du Duc de Bourgogne l’imputèrent à Vendôme, et les partisans de Vendôme au Duc de Bourgogne. Sans avoir la prétention de nous ériger en juge de ces questions militaires, toujours délicates, et qu’il faudrait un plus compétent que nous pour trancher, nous essayerons tout au moins de déterminer équitablement le rôle joué par chacun, mais surtout au point de vue moral, en nous bornant à raconter des opérations militaires ce qui sera strictement nécessaire à l’intelligence de notre récit.

  1. Voyez la Revue du 15 juin 1902.