Page:Revue des Deux Mondes - 1903 - tome 16.djvu/95

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


guerrières ; bientôt après, les hymnes nationaux russe et français sont successivement entonnés, à l’unisson, dans les deux camps par des milliers de poitrines et, après que des hurrahs et des vivats frénétiques ont accueilli les saluts à la France, à la Russie, et aux chefs des deux Etats, hommages qui terminent toujours chacune de ces réjouissances militaires, la sonnerie du repos se fait entendre. Comme par enchantement, aussitôt un silence profond plane sur ces lieux sacrés, silence que troubleront seuls les appels de reconnaissance des patrouilles et le pas des sentinelles !


II. — ANGLAIS ET HINDOUS

Les élémens métropolitains, — en nombre relativement élevé, puisque la colonne Seymour, constituée avant l’arrivée des premières troupes tirées de Hong-Kong, de Singapour et de l’Inde ne comptait pas loin d’un millier d’Anglais, — qui faisaient partie du contingent de la première heure de cette Puissance, étaient formés de soldats de marine débarqués de l’escadre, affaiblis, pour la plupart, par un long séjour dans les climats tropicaux, n’ayant pas encore fait campagne, ou bien, en plus grand nombre encore, de marins peu aptes, par leur genre de vie, par leur équipement et par la nature de leur instruction militaire, aux marches et aux opérations habituelles aux troupes de l’armée de terre. L’effectif élevé qui avait été ainsi atteint témoignait, en même temps, que le commandant en chef de l’escadre avait dû, comme l’on dit d’ordinaire, faire flèche de tout bois et faire appel, pour le réunir, à toutes les ressources de sa flotte, et quelque peu, peut-être, au détriment de la qualité.

Il n’est donc pas surprenant que quelques imperfections aient été signalées dans les rapports d’un certain nombre d’officiers alliés, chez des unités de ce contingent, pendant la colonne Seymour et dans quelques circonstances du début du siège de Tien-Tsin, imperfections inhérentes aux troupes n’ayant pas encore acquis la pratique de la guerre, et qui contrastent avec la grande confiance en elles-mêmes, l’initiative, l’entrain et l’audace, et aussi, pour employer le mot du soldat, avec le « débrouillage » qui est le propre, dès leur entrée en campagne, des troupes vraiment aguerries de tous pays.