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LE MYSTÈRE DE L’INDE



II[1]
LA VIE DE BOUDDHA[2]




La civilisation brahmanique avait déployé sa splendeur pendant plusieurs milliers d’années, en conservant son équilibre à travers les guerres de race, les rivalités dynastiques et les innovations des cultes populaires. Cet équilibre lui venait de la sagesse védique dont la puissance durait encore. Toutefois, six ou sept siècles avant notre ère, le déclin s’annonçait. Malgré la forte unité religieuse qui dominait la diversité de ses sectes, l’Inde, divisée en une foule de royaumes, était affaiblie de haut en bas et mûre pour les invasions étrangères dont Alexandre le Grand donnera le signal trois siècles plus tard. Livrés à des guerres intestines et aux intrigues de harem, efféminés par la polygamie, les rois s’enlizaient dans le luxe et la paresse, tandis que le peuple s’abâtardissait par le débordement des races inférieures. Devant les temples de Siva, des

  1. Voyez la Revue du 15 janvier.
  2. Je me suis servi principalement dans cette étude du précieux livre de Hermann Oldenberg, Buddha, sein Leben, seine Lehre, seine Gemeinde (1881). Le célèbre indianiste allemand a rassemblé dans ce volume et groupé de main de maître les plus anciens et les plus authentiques documens sur la vie de Gotama Çakia Mouni. Il a rendu par là a sa personnalité historique une réalité qu’on lui a souvent contestée. — Il va sans dire, qu’en m’appuyant sur les résultats positifs de ce remarquable travail, je me suis réservé toute liberté pour pénétrer et peindre, au point de vue ésotérique, la psychologie, l’initiation et l’œuvre du réformateur indou.