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REVUE. — CHRONIQUE. 957

(ricts qui se sunl formes à la hâte et ont coimneiifi’ de ioiichoiiuer. Quelles seront leurs décisions ? (Jnestion red(»utable ([ue, dans la plupart des las, le gouvernement sera sans douto appelé à résoudre et c’est à lui une grande hardiesse d’en avoir accepté la responsabilité. On sait, en t-iret, que ces comités doivent être formés mi-partie de représentansdes patrons et mi-partie dereprésentans des ouvriers. Comme il y a peu d’apparence qu’ils se mettent toujours d’accord, ou même qu’ils y réussissent le plus souvent, un arbitre désintéressidevra les départager et il sera un représentant du gouvernement. Bien mieux : si, quinze jours après la promulgation du l)ill, un district n’a pas formé de comi« ’ mixte, le ministre du Commerce « peut désigner telle personne qu’il jugera apte à agir aux lieu et place du comité » auquel cette tierce personne sera considérée comme « substituée. » Partout, on le voit, le gouvernement supplée par son initiative propre aux insuffisances ou aux défaillances de l’institution. Et les décisions à prendre du jour au lendemain, car les ouvriers marquent de l’impatience, sont d’une importance telle qu’il n’y en a peut-être pas de plus grande en ce moment. Qu’on ne s’y trompe pas, les ouvriers en général et les ouvriers anglais en particulier, à cause de leur sens réaliste et pratique, sont peu sensibles aux questions de principe : ce serait sans doute une erreur de croire qu’ayant obtenu l’introduction dans la loi du principe du salaire minimum, ils (ni éprouveront une satisfaction si vive que, du moins pour quelquiî temps, ils n’en demanderont pas davantage. Ce qu’ils veulent vraiment, c’est (juc les comités enregistrent partout les chifl’res fixés par leur lY’dération comme devant être ceux du salaire minimum. On peut même se demander si, dans tous les cas, ils s’en contenteront. Leur salaire actuel est, dans beaucoup de districts, supérieur à ce minimum : n’y demanderont-ils pas l’augmentation de ce salaire et ne jugeront-ils pas les comités mixtes bons ou mauvais suivant qu’ils leur procureront ou qu’ils ne leur procureront pas cette augmentation sur laquelle ils comptent ? Ils se sont mis en grève pour l’obtenir, ils estiment dès lors y avoir droit. Si on la leiu- refuse, leur irritation sera profonde et, un peu plus tut ou un peu plus tard, elle se manifestera par des actes. Si on la leur accorde, qu’adviendra-l-il d’un certain nombre de mines qui, travaillant actuellement sans bénéfices, neconsentiioni pas à travailler à perte ? Un plus grand nombre n’obtiennent que de petits bénéfices : ces bénéfices ne risquent- ils pas de disparaître, et alors eiUMirc qu’arrivera-t-il ? D’aiilrtiS sont riches sans doute, leur capital est largement rénuuiéré, mais si cette rému-