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chez nous

une grosse gerbe. Elle ne sait peut-être pas que c’est mal.

— Chaque samedi, votre grand’mère cueille au jardin une gerbe de fleurs ; elle en fait des bouquets ; puis, elle va les porter à l’église. Et cela est bien, mes petits-enfants. Les fleurs sont à la terre ; mais la terre et les fleurs sont à Dieu. Il est juste que les fleurs, pour aller prier tout près du Tabernacle, fassent le sacrifice de leur vie. Elles vont rendre leur dernier parfum aux pieds du Maître. Et n’est-il pas agréable de penser que, tout le jour du dimanche, des fleurs poussées de la terre que j’ai remuée meurent lentement sur l’autel et continuent, à l’église, la prière commencée dans mon jardin ?

— Alors, grand-père, pourquoi ne pas mettre rien que des fleurs dans le jardin ? Ce serait bien plus beau.