Page:Rolland Handel.djvu/149

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L'ESTHETIQUE iSg

homeriqiie, dont Goethe eut la souclaine reve- lation des son arrivee a Naples*, — ce grand oeil oiivert sar runivers, et oil runivers sepeint, comme un visage qui se reflete en ime eau calme et claire. II dut beaucoup de cet objec- tivisme a Fltalie, oii il passa plusieurs annees, et dont le charme ne s'effaca jamais de sa pensee. Et il le dut aiissi a la virile Angleterre, qui garde sur ses emotions une maitrise hautaine et meprise les effusions sentimentales et bavardes oil se complaisent souvent la devotion et I'art allemands. Mais il en avait tous les germes en lui : car on les sent poindre deja dans ses pre- mieres oeuvres, a Hambourg.

Des son enfance, a Halle, Zachow lui avait enseigne, non pas un style, maistous les styles des difFerents peuples, — I'exercant non seule- ment a comprendre Fesprit de chaque grand compositeur, mais a se I'assimiler, en ecrivant dans sa maniere. Gette education, essentielle- ment cosmopolite, fut completee par ses trois voyages en Italic, et son sejour d'un demi- siecle en Angleterre; partout, il ne cessait, suivant les lecons recues a Halle, de s'appro- prier le meilleur des artistes et de leurs ceuvres. S'il n'alla point en France — (ce qui n'est pas prouve), — il ne la connaissait pas moins ; il

T. Voir le Voyage en Italie, iS mai 1787, leUre a Herder.

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