Page:Rolland Handel.djvu/28

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ment le droit. Cependant, il avait pour maitre le professeur le plus remarquable de l’Allemagne, Christian Thomasius, l'adversaire des procès de sorcellerie^ le réformateur de l’enseignement du droit, celui qui y fit rentrer l'etude des coutumes germaniques, celui qui ne cessa de livrer bataille aux abus grossiers ou stupides des universités, a l'esprit de caste, au pédantisme, a l'ignorance, a l'hypocrisie et a la férocité juridique et religieuse. Si un tel enseignement n’a pas été de nature a retenir Haendel, ce n’était certes pas la faute du professeur : nulles leçons plus vivantes dans toute l’Allemagne d’alors, rien qui put offrir a l’esprit d’un jeune homme un champ d’activité plus féconde. Soyons surs qu’un Beethoven n'y fut pas demeure insensible. Mais Haendel etait pur musicien, il était la musique même ; rien ne put jamais en distraire sa pensee.

Des cette année, ou il suivait les cours de la Faculté de droit, il avait trouvé un poste d’organiste a Halle : — et cela, bien que luthérien, dans une église du culte « reforme », ou

I. On sait que les procès de sorcellerie étaient une des manies meurtrières de l’époque. On évalue a plus de cent mille le nombre des victimes faites par les buchers de sorcières, en un siècle. Frédéric II disait : « Si les femmes peuvent vieillir et mourir en paix en Allemagne, c’est a Thomasius qu’elles le doivent. »

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