Page:Rostand - Cyrano de Bergerac.djvu/169

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Et si de Guiche vient, personne ne l’invite !

(Allant de l’un à l’autre.)

Là, vous avez le temps. -Ne mangez pas si vite ! -
Buvez un peu. -Pourquoi pleurez-vous ?


Premier cadet.

Buvez un peu. -Pourquoi pleurez-vous ?C’est trop bon !


Roxane.

Chut ! -Rouge ou blanc ? -Du pain pour monsieur de Carbon !
— Un couteau ! -Votre assiette ! -Un peu de croûte ? Encore ?
— Je vous sers ! -Du bourgogne ? -Une aile ?


Cyrano, qui la suit, les bras chargés de plats, l’aidant à servir.

— Je vous sers ! -Du bourgogne ? -Une aile ?Je l’adore !


Roxane, allant à Christian.

Vous ?


Christian.

Vous ?Rien.


Roxane.

Vous ?Rien.Si ! ce biscuit, dans du muscat… deux doigts !


Christian, essayant de la retenir.

Oh ! dites-moi pourquoi vous vîntes ?


Roxane.

Oh ! dites-moi pourquoi vous vîntes ?Je me dois
À ces malheureux… Chut ! Tout à l’heure !…


Le bret, qui était remonté au fond, pour passer, au bout d’une lance, un pain à la sentinelle du talus.

À ces malheureux… Chut ! Tout à l’heure !…De Guiche !


Cyrano.

Vite, cachez flacon, plat, terrine, bourriche !
Hop ! -N’ayons l’air de rien !…

(À Ragueneau.)

Hop ! -N’ayons l’air de rien !…Toi, remonte d’un bond
Sur ton siège ! -Tout est caché ?…

(En un clin d’œil tout a été repoussé dans les tentes, ou caché sous les vêtements, sous les manteaux, dans les feutres. -– De Guiche entre vivement -– et s’arrête, tout d’un coup, reniflant. -– Silence.)