Page:Rostand - Cyrano de Bergerac.djvu/50

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Cuigy.

Nous partons ! Cyrano !


Cyrano.

Nous partons ! Cyrano ! Qu’est-ce ?


Cuigy.

Nous partons ! Cyrano ! Qu’est-ce ? Une énorme grive
Qu’on t’apporte !


Cyrano, le reconnaissant.

Qu’on t’apporte ! Lignière !… hé, qu’est-ce qui t’arrive ?


Cuigy.

Il te cherche !


Brissaille.

Il te cherche ! Il ne peut rentrer chez lui !


Cyrano.

Il te cherche ! Il ne peut rentrer chez lui ! Pourquoi ?


Lignière, d’une voix pâteuse, lui montrant un billet tout chiffonné.

Ce billet m’avertit… cent hommes contre moi…
À cause de… chanson… grand danger me menace…
Porte de Nesle… Il faut, pour rentrer, que j’y passe…
Permets-moi donc d’aller coucher sous… sous ton toit !


Cyrano.

Cent hommes, m’as-tu dis ? Tu coucheras chez toi !


Ligniere, épouvanté.

Mais…


Cyrano, d’une voix terrible, lui montrant la lanterne allumée que le portier balance en écoutant curieusement cette scène.

Mais…Prends cette lanterne !…

(Lignière saisit précipitamment la lanterne.)

Mais…Prends cette lanterne !…Et marche ! — Je te jure
Que c’est moi qui ferai ce soir ta couverture !…

(Aux officiers.)

Vous, suivez à distance, et vous serez témoins !


Cuigy.

Mais cent hommes !…


Cyrano.

Mais cent hommes !…Ce soir, il ne m’en faut pas moins !

(Les comédiens et les comédiennes, descendus de scène, se sont rapprochés dans leurs divers costumes.)