Page:Rostand - Cyrano de Bergerac.djvu/51

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Le bret.

Mais pourquoi protéger…


Cyrano.

Mais pourquoi protéger…Voilà Le Bret qui grogne !


Le bret.

Cet ivrogne banal ?…


Cyrano, frappant sur l’épaule de Lignière.

Cet ivrogne banal ?…Parce que cet ivrogne,
Ce tonneau de muscat, ce fût de rossoli,
Fit quelque chose un jour de tout à fait joli
Au sortir d’une messe ayant, selon le rite,
Vu celle qu’il aimait prendre de l’eau bénite,
Lui que l’eau fait sauver, courut au bénitier,
Se pencha sur sa conque et le but tout entier !…


Une comédienne, en costume de soubrette.

Tiens, c’est gentil, cela !


Cyrano.

Tiens, c’est gentil, cela ! N’est-ce pas, la soubrette ?


La comédienne, aux autres.

Mais pourquoi sont-ils cent contre un pauvre poète ?


Cyrano.

Marchons.

(Aux officiers.)

Marchons.Et vous, messieurs, en me voyant charger,
Ne me secondez pas, quel que soit le danger !


Une autre comédienne, sautant de la scène.

Oh ! mais moi je vais voir !


Cyrano.

Oh ! mais moi je vais voir ! Venez !…


Une autre, sautant aussi, à un vieux comédien.

Oh ! mais moi je vais voir ! Venez !…Viens-tu Cassandre ?…


Cyrano.

Venez tous, le Docteur, Isabelle, Léandre,
Tous ! Car vous allez joindre, essaim charmant et fol,
La farce italienne à ce drame espagnol,
Et sur son ronflement tintant un bruit fantasque,
L’entourer de grelots comme un tambour de basque !…