Page:Rostand - Cyrano de Bergerac.djvu/80

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Ils vont, — coiffés d’un vieux vigogne
Dont la plume cache les trous ! —
Œil d’aigle, jambe de cigogne,
Moustache de chat, dents de loups !

Perce-Bedaine et Casse-Trogne
Sont leurs sobriquets les plus doux ;
De gloire, leur âme est ivrogne !
Perce-Bedaine et Casse-Trogne,
Dans tous les endroits où l’on cogne
Ils se donnent des rendez-vous…
Perce-Bedaine et Casse-Trogne
Sont leurs sobriquets les plus doux !

Voici les cadets de Gascogne
Qui font cocus tous les jaloux !
Ô femme, adorable carogne,
Voici les cadets de Gascogne !
Que le vieil époux se renfrogne :
Sonnez, clairons ! chantez, coucous !
Voici les cadets de Gascogne
Qui font cocus tous les jaloux !


De guiche, nonchalamment assis dans un fauteuil que Ragueneau a vite apporté.

Un poète est un luxe, aujourd’hui, qu’on se donne.
— Voulez-vous être à moi ?


Cyrano.

— – Voulez-vous être à moi ?Non, Monsieur, à personne.


De guiche.

Votre verve amusa mon oncle Richelieu,
Hier. Je veux vous servir auprès de lui.


Le bret, ébloui.

Hier. Je veux vous servir auprès de lui.Grand Dieu !


De guiche.

Vous avez bien rimé cinq actes, j’imagine ?


Le bret, à l’oreille de Cyrano.

Tu vas faire jouer, mon cher, ton Agrippine !