Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/151

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Darriand abandonna un instant son malade pour visiter le mur blanc et surtout la marquise, à laquelle il sembla prêter toute son attention.

Pendant ce temps, Séil-kor, livré à lui-même, gesticulait avec placidité, montrant sous l’ardent clair de lune les bizarreries d’un accoutrement de carnaval, formé d’une toque, d’un loup et d’une fraise, découpés tous trois dans du papier.

La fraise était taillée uniquement dans des couvertures bleues du journal la Nature, dont le titre surgissait en maints endroits ; le loup présentait sur toute sa surface un groupe compact et nombreux de signatures différentes imprimées en fac-similé ; sur le sommet de la toque, le mot « Tremble » s’étalait en forts caractères, visibles pendant certains mouvements de tête du jeune homme, qui, ainsi paré, ressemblait à un seigneur de charade fait pour hanter la cour des derniers Valois.

Les trois objets, trop petits pour Séil-kor, paraissaient plutôt convenir aux mesures d’un enfant de douze ans.

Darriand, réclamant par quelques mots l’attention générale, venait de pencher le mur blanc en arrière, afin d’offrir à tous les regards l’intérieur du plafond surplombant, entièrement garni de plantes rougeâtres qui lui donnaient l’aspect d’une jardinière renversée.