Page:Roussel - Impressions d Afrique (1910).djvu/153

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Son annonce terminée, Darriand reprit Séil-kor par la main et le conduisit sous la marquise, la face orientée pour recevoir directement le reflet du mur blanc. Le pauvre dément fut en proie aussitôt à une violente agitation ; il respirait plus vite que de coutume et palpait du bout des doigts sa fraise, sa toque et son loup, semblant retrouver au contact imprévu de ces trois objets quelque souvenir intime et douloureux.

Tout à coup, s’allumant sous l’action de quelque pile invisible, une lampe électrique, sertie en plein milieu dans la plus basse portion intérieure du large rebord de la marquise, projeta brillamment sur le mur un grand carré de lumière dû aux efforts combinés d’une lentille et d’un réflecteur. La source même du foyer restait dissimulée, mais on voyait nettement la gerbe éclatante descendre en s’éloignant, progressivement élargie jusqu’à la rencontre de l’obstacle, ombragé en partie par la tête de Séil-kor.

Darriand, qui avait lui-même provoqué cet éclairage, tournait maintenant avec lenteur une manivelle silencieuse, adaptée à hauteur de main sur l’extrémité gauche du mur. Bientôt, produite par quelque pellicule coloriée placée devant la lampe, une image se dessina sur l’écran blanc, offrant aux regards de Séil-kor une ravissante enfant blonde d’une douzaine d’années ; pleine de charme et de grâce ; au-dessus du portrait,