Page:Sévigné - Lettres, éd. Monmerqué, 1862, tome 1.djvu/386

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vous êtes de retour, de ne vous point faire celer, afin que tantôt j’aie le plaisir de me porter bien et l’honneur de vous voir : c’est une grâce que je crois mériter autant qu’autrefois, puisque je suis aussi étourdi, aussi fou, et disant les choses tout aussi mal à propos que jamais. Je ne songe pas qu’encore que je ne sois point changé, vous pourriez bien être changée, et au lieu de la lettre monosyllabe que je reçus de vous l’an passé, dans laquelle il y avoit Oui, m’en envoyer une de même longueur, où il y auroit Non. Mais Dieu sur tout : c’est une sentence que je viens de trouver dans mon almanach, en regardant quel jour nous avons du mois ; c’est le dix-neuvième. Je suis, avec tout le sérieux et tout le respect dont je suis capable (le premier n’est pas grand, l’autre si),

Votre très-humble serviteur.

J’ai oublié à mettre des Madame dans ma lettre ; et à présent que vous êtes lieutenante de Roi de Fougères [1], c'est une grande faute. Tenez donc, en voilà trois : distribuez-les aux endroits qui vous sembleront en avoir plus de besoin : Madame, Madame, Madame.




1648
7. — DE MADAME DE SÉVIGNÉ AU COMTE
DE BUSSY RABUTIN.

L’année d’après, marchant en Catalogne avec la compagnie de chevau-légers d’ordonnance du prince de Condé, dont j’étois capitaine-lieutenant, je reçus à Valence cette lettre de la marquise de Sévigné.

Des Rochers, le 15e mars [1648].

Je vous trouve un plaisant mignon de ne m’avoir pas écrit depuis deux mois. Avez-vous oublié qui je suis, et


  1. Dans le Contrat de mariage de Mme de Grignan, les titres du