Page:Sansot-Orland - Jules Lemaître, 1903.djvu/17

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des, et la renommée du jeune critique ne fai- sait que croître. « La veine était si franche, la source si uiue, si jaillissante, si limpide jusque dans son trouble ! Elle laissait si clairement transparaître fondoi/ante aqita~ tion et les replis secrets d’une curiosité ardente à se répandre, à voir, à comprendre, à Jouir et en même temps déconcertée par- fois et comme désenchantée, parce qu’elle avait vu et compris, hardie et pleine de scru- pules, heureuse et inquiète ([). »

En dépit de son éducation classique et de ses liens récents avec l’Université, Jules Lemaitre ne se crut pas tenu, comme ses con- frères, de continuer dans sa carrière de publiciste la culture des classiques et d’en révéler une fois de plus à ses contemporains les mérites incontestés. Si au cours de ses feuilletons dramatiques il eut Poccasion de parler maintes fois de Molière, de Corneille, de Racine et de quelques autres, ce fut avec un moindre enthousiasme qu’à étudier les œuvres des récents écrivains. Pour Racine certes il montra toujours un culte fervent et dans sa prose de feuillettoniste il confirma le goût intime qu’un sonnet de ses Médaillons nous avait accusé pour fauteur de Phèdre, mais à l’égard de Corneille il en usa avec quelque sans façon, déclarant un jour aux lecteurs de son feuilleton qu’il fallait « un courage presque cornélien pour s’enfermer (1) Gi-éard : Réponse à M. J. Le mat Ire pour sa réception à l’Ao tdéinie française.