Page:Sansot-Orland - Jules Lemaître, 1903.djvu/24

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


sceptique et un merveilleux dilettante de Part et de la vie, passer en un champ d’ac- tion pour lequel^ moins que tout autre, il semblait préparé. Les uns et les autres avaient également tort, car à lire avec clair- voijance les écrits divers issus de sa plume on découvre à chaque instant mieux qu’entre les lignes, ^affirmation du besoin de croire et la hantise de l’action. M. Anatole France fut un des premiers à s’en aviser alors qu’en nota/it sur Serenus sa captivante impression, il écrivait en matière de conclusion : « Faut- il agir ? Sans doute qu’il le faut. Rappelés:- vous le premier mot prononcé dans le second Faust, par le petit homme que ce famulus Wagner vient de fabriquer avec ses cornues. A peine sorti de son bocal , ce petit homme s’écrie fièrement : « Il faut que j’agisse puis- que je suis. » On peut vivre sans penser. Et même c’est généralement ainsi qu’on vit. Il n’en résulte pas grand dommage pour la république. Au contraire, la jmtrie a besoin de l’action diverse et harmonieuse de tous les citoyens. C’est d’actes et non d’idées que vivent les peuples, y^

M. Jules Lemaitre semble avoir suivi l’avis d’Anatole France, son ami d’alors, son con- disciple enrenaiiisme aujourd’hui renié.

Déjà en 1890, il semblait caresser F espoir de fonder un grand parti politique, alors que dans son Député Levcau // faisait dire à la marquise de (irrges : « Ah ! quel rôle pourrait jouer aujourd’hui un homme qui sans s’in- quiéter de la partie affirmative des dive/’i