Page:Sansot-Orland - Jules Lemaître, 1903.djvu/23

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I — 17 — profond que superficiel, car le théâtre de Jules LemaCtre, quoiqu’il y paraisse^ n^est point un théâtre frivole. Sous l’auteur comi- que il II a le moraliste singulièrement délicat sans cesse préoccupé, sous les facettes des mots plaisants, de quelque exceptionnel pro- blème de conscience, de quelque tare sociale, de quelque intime injustice, et c’est, après l’effet charmant mais fugitif des réparties, l’impression dominante qui reste de toute pièce de Jules LemaCtre. Amuser donc ne fut point son seul objectif en allant à la rampe, et, en // apportant encore plus que le petit frisson d’émotion il voulut aussi faire œuvre utile. Mais bientôt il lui parut que même les enseignements du théâtre étaient de portée trop infime et que son rôle d’auteur était trop effacé. Son prestige pour- tant n’avait fait que grandir. Depuis 189 4 il tenait, à la Revue des Deux Mondes, le feuil- leton dramatique ; le 16 janvier 180G fAca- demie Française l’avait admis au fauteuil de Victor Duruy ; la rosette rouge fleurissait sa boutonnière. Futilités que tout cela : l’ac- tion sollicitait Jula Lemaitre et un beau jour des tréteaux de la rampe nous le vîmes sauter sur ceux de la politique. D’aucuns — peut-être ses plus fervents admirateurs mais en qui ne vibrent point des âmes d’apôtres — Pen ont blâmé, d’autres l’es plus nombreux, se contentèrent de s’étonner de voir celui qu’ils considéraient comme un .