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puissance d’action. Au contraire, une alimentation aqueuse, moins alibile que la première sous le même volume, donne des sujets massifs, peu énergiques. L’animal est nonchalant par suite d’une pareille nourriture et toute la force de réaction semble concentrée dans les organes digestifs qui sont doués d’une grande activité fonctionnelle. En effet, si nous comparons le poulain nourri en partie avec du foin, en partie avec de l’avoine, et cet autre poulain entretenu exclusivement avec des fourrages, on verra que le premier est plus régulier dans sa conformation, son train antérieur est bien constitué, sa poitrine est spacieuse, son poitrail large ; les avant-bras sont développés et les rayons inférieurs ont une bonne direction ; de plus, le ventre, sous l’influence de cette nourriture, sera moins volumineux, aura des formes plus gracieuses et ne nuira en rien au développement de la poitrine. Celui, au contraire, nourri exclusivement avec du foin présente une conformation tout à fait irrégulière, l’abdomen est très-distendu et le volume de la poitrine relativement diminué. Cet aliment si peu nutritif fait que le sujet est obligé d’en prendre une grande quantité pour s’entretenir ; il s’ensuit que les viscères digestifs acquièrent un développement excessif. Cet excès de volume presse sur le diaphragme, distend cette cloison musculo-aponévrotique qui, à son tour, presse sur le poumon. La cage thoracique est forcément arrêtée dans son développement.

En définitive, un régime abondant et substantiel est indispensable pour rendre les sujets forts et énergiques ; des rations d’avoine feront ressortir les qualités des élèves et on aura, par suite, soit de bons sujets de service, soit de bons reproducteurs.

Les poulains qui souffrent durant cette période se rapetissent au lieu de prospérer, leurs muscles semblent disparaître, leur constitu-