Page:Schwob - Mœurs des diurnales, 1903.djvu/142

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DES LIEUX COMMUNS


C’est un ânonnage de ceux qui prônent l’éducation classique de dire que l’homme ne vit pas de pain seul, mais surtout de lieux communs, et que les Grecs et les Romains les ont tous développés bien avant nous ; comme ce que dit Platon de la mort, ou Cicéron des devoirs, ou Thucydide de la patrie, ou Sénèque de la vieillesse ; tellement que vous ne sauriez parler des feuilles qui tombent à l’automne, des embarras de voitures, de l’immortalité de l’âme, ou des vices contre nature, sans qu’ils vous allèguent tout aussitôt un vers de l’Odyssée, une satire d’Horace, une page du Phédon, ou le roman de Pétrone. Voilà qui est excellent pour un article de critique, où on est toujours sûr d’affirmer son autorité sur un auteur nouveau en lui opposant les anciens. « Il ne faut pas réveiller les morts du Dante ; » on ne refait pas Shakes-