Page:Schwob - Mœurs des diurnales, 1903.djvu/73

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Premier-Paris, sans qu’aucun lecteur s’en aperçût, et où Paul d’Ivoi refusait (elle est toujours bien bonne ! disait Villemessant) ; où le patron seul portait monocle et Théophile Gautier aspirait vainement à la gloire de rédiger la chronique de la mode !

Où êtes-vous, temps surannés, Brandebran, Poisson, Pimprenelle, Videgueule et Barbichon ? Mais où sont les journaux d’antan ? Où sont-ils, Presse Souveraine ? Ne me le demandez pas : vous ne le savez que trop.



Un de ces soirs-là notre conversation tomba, par hasard, sur l’utilité des journaux.

— Ah ! mes enfants, dit Notre Maître, en soufflant sur ses lunettes et en les essuyant d’un geste familier, tenez, il n’y a pas une heure, ce bon de Parville me racontait qu’il en avait trouvé un excellent usage. Il paraît que ces sacrés diables de moineaux lui mangent tout son grain à la campagne. Savez-vous ce qu’a fait de Parville, qui n’est pas une bête ? Écoutez donc : « Pour lutter contre les moineaux qui me mangent ma graine, j’ai tout bon-