Page:Schwob - Mœurs des diurnales, 1903.djvu/80

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fait autant. On sait bien à quoi ça sert, un journal !



Que parlez-vous de journaux, dit le bon Troupeau qui justement revenait des cabinets. Je ne m’en sers plus. Je crois qu’ils m’ont tout gâté le fondement. Le docteur de la Presse populaire m’avait bien dit que ces papiers nouveaux contiennent je ne sais quels ingrédients chimiques très contraires à la santé du corps. Le diable emporte la chimie moderne et les encres perfectionnées ! Nos pères se servaient très bien de leurs gazettes, et ne s’en portaient pas plus mal. Il est vrai qu’on les payait trois sous. Aujourd’hui on nous fournit de la camelotte à cinq centimes.

— Avez-vous lu, dit Notre Maître, le chapitre que Rabelais a écrit sur les torche-culs ? Dieux, que nous pouffions à Massin en lisant ça, moi et About. Taine n’y a jamais rien compris. Eh bien, moi, mes enfants, je trouve ça très fort. Oui, oui, très fort. Rabelais dit qu’il n’y a rien qui vaille un oison, pourvu qu’il soit bien dumeté. Essayez donc de l’oison, Troupeau.