Page:Shelley - Œuvres en prose, 1903, trad. Savine.djvu/198

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XI Porte donc le deuil, peuple d’Angleterre. Prends de solennels vêtements noirs, qu’on fasse sonner les cloches ! Réfléchis aux choses mortelles et changeantes. Enveloppe-toi de la solitude et des ténèbres d'une douleur sacrée. N'oublie aucun symbole d'une affliction universelle. Pleure, – porte le deuil – lamente-toi. Remplis la grande cité, – remplis l'immensité des campagnes de tes lamentations et de l'écho de tes plaintes. Une belle princesse est morte, – celle qui eût pu être reine de son peuple aimé, et dont la postérité eût régné éternellement sur lui. Elle aimait les affections domestiques, et chérissait les arts qui embellissent, et la valeur qui défend. Elle était aimable et fût devenue sage, mais elle était jeune, mais dans la fleur de la jeunesse elle fut victime de la destruction. La liberté est morte ; Esclave ! je t’en conjure, ne trouble point la profondeur et la solennité de notre affliction par une affliction plus basse. S’il est mort une créature semblable à elle et destinée à régner sur le pays, et comme la Liberté, jeune, innocente et aimable, sache que la puissance