Page:Shelley - Œuvres en prose, 1903, trad. Savine.djvu/199

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qui a décidé sa mort, c’était Dieu, et que c’était une affliction particulière. Mais c’est l’homme qui a assassiné la Liberté, et pendant que la vie s’enfuyait par sa blessure, alors descendit sur la tête le cœur de tous les hommes la sympathie que cause un fléau, une catastrophe universelle. Des chaînes plus lourdes que du fer pèsent sur nous, parce qu’elles lient nos âmes. Nous allons et venons dans une prison plus infecte qu’une enceinte humide et étroite, parce qu’elle a pour sol la terre, et pour toit le ciel. Suivons avec lenteur et respect jusqu’à sa tombe le cadavre de la liberté anglaise, et s’il venait à apparaître quelque glorieux fantôme, s’il se faisait un trône d’épées brisées, de sceptres et de couronnes royales traînés dans la poussière, disons que l’âme de la liberté s’est levée de sa tombe, en y laissant tout ce qui était mortel et grossier. Prosternons-nous devant elle, et adorons-la comme notre Reine.