Page:Sophocle, trad. Leconte de Lisle, 1877.djvu/246

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toujours. Mais toi, méprise à ton gré ce qu’il y a de plus sacré pour les dieux.


ISMÈNÈ.

Je ne le méprise pas, mais je n’ai pas la force de rien faire malgré les citoyens.


ANTIGONÈ.

Prends ce prétexte. Moi j’irai élever un tombeau à mon très cher frère.


ISMÈNÈ.

Hélas ! combien je crains pour toi, malheureuse !


ANTIGONÈ.

Ne crains rien pour moi ; ne t’inquiète que de ce qui te regarde.


ISMÈNÈ.

Ne confie au moins ton dessein à personne. Agis secrètement. Je me tairai aussi.


ANTIGONÈ.

Hélas ! parle hautement. Tu me seras plus odieuse si tu te tais que si tu révèles ceci à tous.


ISMÈNÈ.

Tu as un cœur chaud pour ce qui exige le sang-froid.


ANTIGONÈ.

Je plais ainsi, je le sais, à ceux auxquels il convient que je plaise.