Page:Sophocle, trad. Leconte de Lisle, 1877.djvu/252

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n’ai point fait ceci et je n’ai point vu qui l’a fait. Je ne mérite donc pas d’en souffrir.


KRÉÔN.

Certes, tu parles avec précaution et tu te garantis de toute façon. Je vois que tu as à m’annoncer quelque chose de grave.


LE GARDIEN.

Le danger inspire beaucoup de crainte.


KRÉÔN.

Ne parleras-tu point afin de sortir, la chose dite ?


LE GARDIEN.

Je te dirai tout. Quelqu’un a enseveli le mort, et s’en est allé après avoir jeté de la poussière sèche sur le cadavre et accompli les rites funèbres selon la coutume.


KRÉÔN.

Que dis-tu ? Qui a osé faire cela ?


LE GARDIEN.

Je ne sais, car rien n’avait été tranché par la bêche ni creusé par la houe. La terre était dure, âpre, intacte, non sillonnée par les roues d’un char ; et celui qui a fait la chose n’a point laissé de trace. Dès que le premier veilleur du matin nous eut appris le fait, ceci nous sembla un triste prodige. Le mort n’était plus visible, non qu’il fût enfermé sous terre cependant, mais entièrement