Page:Sophocle, trad. Leconte de Lisle, 1877.djvu/256

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LE GARDIEN.

Certes, je désire ardemment qu’on trouve le coupable ; mais qu’il soit découvert ou non, et c’est à la destinée d’en décider, tu ne me verras plus revenir ici. En effet, sauvé maintenant contre mon espérance et ma pensée, je dois rendre mille grâces aux dieux.


LE CHŒUR.
Strophe I.

Beaucoup de choses sont admirables, mais rien n’est plus admirable que l’homme. Il est porté par le Notos orageux à travers la sombre mer, au milieu de flots qui grondent autour de lui ; il dompte, d’année en année, sous les socs tranchants, la plus puissante des déesses, Gaia, immortelle et infatigable, et il la retourne à l’aide du cheval.

Antistrophe I.

L’homme, plein d’adresse, enveloppe, dans ses filets faits de cordes, la race des légers oiseaux et les bêtes sauvages et la génération marine de la mer ; et il asservit par ses ruses la bête farouche des montagnes ; et il met sous le joug le cheval chevelu et l’infatigable taureau montagnard, et il les contraint de courber le cou.

Strophe II.

Il s’est donné la parole et la pensée rapide et les lois des cités, et il a mis ses demeures à l’abri des gelées et des pluies fâcheuses. Ingénieux en tout, il ne manque jamais de prévoyance en ce qui concerne l’avenir. Il n’y