Page:Sophocle, trad. Leconte de Lisle, 1877.djvu/258

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que j’étais par tes menaces ; mais la joie qui arrive inespérée et inattendue ne peut être surpassée par aucun autre bonheur. Je reviens donc, ayant abjuré mon serment et menant ici cette jeune fille qui a été surprise préparant la sépulture. En ceci le sort n’a point été interrogé, mais c’est moi seul qui ai le mérite de l’action, et non un autre. Et maintenant, roi, puisque je l’ai prise, questionne-la et convaincs-la, comme il te plaira. Moi je suis absous et justement affranchi du châtiment.


KRÉÔN.

Comment et où as-tu pris celle que tu amènes ?


LE GARDIEN.

Elle ensevelissait l’homme. Tu sais tout.


KRÉÔN.

Comprends-tu ce que tu dis, et dis-tu vrai ?


LE GARDIEN.

Je l’ai vue ensevelissant le cadavre que tu avais défendu d’ensevelir. Ai-je parlé assez ouvertement et clairement ?


KRÉÔN.

Et comment a-t-elle été aperçue et surprise commettant le crime ?


LE GARDIEN.

La chose s’est passée ainsi. Dès que nous fûmes retournés, pleins de terreur à cause de tes menaces terribles,