Page:Sophocle, trad. Leconte de Lisle, 1877.djvu/274

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HAIMÔN.

Ne vois-tu pas que tes paroles sont celles d’un homme encore trop jeune ?


KRÉÔN.

Cette terre est-elle soumise à la puissance d’un autre, et non à la mienne ?


HAIMÔN.

Il n’est point de ville qui soit à un seul homme.


KRÉÔN.

La ville n’est-elle pas censée appartenir à qui la commande ?


HAIMÔN.

Certes, tu régnerais fort bien seul dans une terre déserte.


KRÉÔN.

Il combat, semble-t-il, pour cette femme.


HAIMÔN.

Si tu es femme, car je prends souci de toi.


KRÉÔN.

Ô le pire de tous les hommes, est-ce en plaidant contre ton père ?


HAIMÔN.

Je te vois en effet faillir contre la justice.