Page:Sophocle, trad. Leconte de Lisle, 1877.djvu/278

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qui te reposes sur les joues délicates de la jeune fille, qui te transportes par delà les mers et dans les étables agrestes, aucun des immortels ne peut te fuir, ni aucun des hommes qui vivent peu de jours ; mais qui te possède est plein de fureur !

Antistrophe I.

Tu entraînes à l’iniquité les pensées des justes, et tu pousses à la dissension les hommes du même sang. Le charme désirable qui resplendit dans les yeux d’une jeune femme est victorieux et l’emporte sur les grandes lois. La déesse Aphrodita est invincible et se rit de tout. Et moi-même, devant ceci, j’enfreins ce qui est permis et je ne puis retenir les sources de mes larmes, lorsque je vois Antigonè s’avancer vers le lit où tous vont dormir.


ANTIGONÈ.
Strophe II.

Voyez-moi, ô citoyens de la terre de ma patrie, faisant mon dernier chemin et regardant le dernier éclat du jour pour ne plus jamais le regarder ! Aidès, qui ensevelit tout, m’emmène vivante vers l’Akhérôn, sans que j’aie connu les noces, sans que l’hymne nuptial m’ait chantée, car j’épouserai l’Akhérôn.


LE CHŒUR.

Ainsi, illustre et louée, tu vas dans les retraites des morts, non consumée par les flétrissures des maladies, non livrée comme un butin de guerre ; mais, seule entre les mortels, libre et vivante, tu descends chez Aidès.