Page:Sophocle, trad. Leconte de Lisle, 1877.djvu/277

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tel esprit, une ardente et cruelle douleur est chose redoutable.


KRÉÔN.

Qu’il s’en aille, et qu’il fasse ou médite de faire au-delà de ce que peut un homme : il n’affranchira point ces jeunes filles de leur destinée.


LE CHŒUR.

Tu les destines donc toutes deux à la mort ?


KRÉÔN.

Non celle qui n’a point touché le cadavre. Tu m’as bien averti.


LE CHŒUR.

Par quel supplice as-tu décidé que l’autre périrait ?


KRÉÔN.

Je l’emmènerai en un lieu non foulé par les hommes. Je l’enfermerai vivante dans un antre de pierres, avec aussi peu de nourriture qu’il en faut à l’expiation afin que la ville ne soit point souillée de sa mort. Là, par ses prières, elle obtiendra peut-être d’Aidès le seul des dieux qu’elle honore, de ne point mourir ; et alors elle apprendra enfin combien la tâche est vaine d’honorer le Hadès.


LE CHŒUR.
Strophe I.

Érôs ! invincible Érôs, qui t’abats sur les puissants,