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VIII

OÙ MICHEL S’OFFRE UN JOUR DE CONGÉ


À huit heures sonnantes, le lendemain matin, Michel sonna à la porte de l’atelier. Il trouva l’artiste pitoyablement changé, blêmi, voûté, affaissé, avec des yeux hagards, qui sans cesse se dirigeaient vers la porte du petit cabinet de débarras. Et Pitman, de son côté, fut bien plus surpris encore du changement qu’il découvrait chez son ami. Michel, d’ordinaire, — peut-être l’ai-je déjà dit ? — se piquait d’être vêtu à la dernière mode, et le fait est que sa mise était toujours d’une élégance irréprochable, à cela près qu’elle lui donnait un tout petit peu l’air d’un homme invité à une noce. Or, le matin en question, il était aussi éloigné que possible d’avoir ce petit air-là. Il portait une chemise de flanelle, une veste et un pantalon de grosse étoffe commune ; ses pieds étaient chaussés de bottes éculées, et un vieil