Page:Stowe - Marion Jones.djvu/39

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pensée qu’ils ne sont plus enfants. Les deux jeunes gens avaient déjà, la veille, éprouvé cette sensation ; mais elle revenait plus forte, alors qu’ils se trouvaient seuls ; et lorsque Marion eut offert une chaise à M. Adams, et que M. Adams se fut informé de la santé de miss Marion, il s’ensuivit entre eux une pause, qui, plus elle se prolongea, plus elle parut difficile à rompre, et pendant laquelle le joli visage de Marion s’épanouissait sous une expression de gai et malicieux sourire. M. Adams regardait la fenêtre, le manteau de la cheminée, le plafond, puis le tapis, et enfin Marion. Leurs yeux se rencontrèrent : l’effet fut électrique ; tous deux partirent d’un éclat de rire. La glace était rompue.

— Vous rappelez-vous, Marion, notre vieille école ?

— Je me doutais bien que c’était là ce que vous pensiez ; mais en vérité vous avez tant grandi, et vous êtes tellement changé, qu’hier au soir je ne pouvais en croire mes yeux.

— Et moi, donc ! dit Joseph avec un regard éloquent qui donnait à son exclamation une ardente signification.