Page:Stowe - Marion Jones.djvu/55

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— Pourquoi pas ? vous n’êtes pas assez simple, je présume, pour vouloir l’épouser malgré tout… hein ?

— Je ne sais pas ce que je veux ou ce que je ne veux pas ; seulement, Silence, si vous m’aimez un peu, promettez-moi de ne rien dire du tout à M. Adams, je vous en prie.

— Allons, c’est bien, je ne lui dirai rien ; mais, Marion, pourquoi ne m’avez-vous rien dit ? Ignorez-vous donc que je remplace notre mère auprès de vous, et que vous eussiez dû vous confier à moi dès le commencement ?

— Je ne sais pas pourquoi, Silence ! je ne m’en sentais pas le courage. Ne parlons plus de tout cela, ma sœur !

— C’est bien, Marion. Mais vous ne me ressemblez pas, allez ! Cette observation qui avait une haute portée dans la bouche de miss Silence, mit fin à leur conversation.

Le soir même, notre ami Joseph dirigeait sa promenade habituelle du côté de la maison des deux sœurs, non sans quelque appréhension sur le résultat de sa visite, car il avait deviné à l’air satisfait de son père que les hostilités étaient commencées. Il entra dans le grand salon, où il ne ren-