Page:Stowe - Marion Jones.djvu/60

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qu’il avait su conquérir. Enfin miss Silence déclara que si elle eût savonné toute la journée, elle n’eût pas été si fatiguée que par cet accès imprévu de gaieté ; en conséquence, elle prit sa chandelle et laissa complaisamment nos deux jeunes gens s’expliquer comme ils l’entendraient. Il y eut après son départ un moment de grave silence, interrompu par Joseph, qui, venant s’asseoir tout près de Marion, lui demanda sérieusement si son père n’était pas venu le matin même faire à sa sœur des propositions de mariage.

— Non, vous le savez bien, mauvais plaisant ! dit Marion, que l’absurdité de la question fit de nouveau rire aux larmes ; puis elle reprit un petit air boudeur et offensé.

— Voyons, n’allongez pas comme cela votre joli visage, dit Joseph, et parlons sérieusement. J’ai deviné qu’une scène désagréable avait eu lieu ce matin entre mon père et vous ; je ne vous en demande pas les détails. Je vous dirai seulement qu’il a exprimé son mécontentement de notre opinion projetée, qu’il m’a défendu d’y donner suite et…