Page:Stowe - Marion Jones.djvu/8

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.


feuilles jaunissantes. C’est la beauté plus sévèrement morale, plus rapprochée de l’âme que celle de toute autre époque de la vie. La fiction poétique ne sépare jamais le vieillard du chrétien ; c’est qu’il n’y a aucune autre période de la vie où les vertus du christianisme trouvent à se développer plus harmonieusement. Le vieillard qui a survécu aux orages des passions, qui a su résister aux tentations, qui a transformé les élans impétueux de la jeunesse en habitudes d’obéissance et d’amour ; qui, après avoir servi sa génération sous l’égide de Dieu, cherche alors un appui pour son corps et pour son âme affaiblis dans celui qu’il a fidèlement servi ; ce vieillard est peut-être l’image la plus pure de la beauté sanctifiée que l’on puisse rencontrer dans ce bas monde.

Des pensées à peu près semblables occupaient mon esprit un jour que je détournais mes pas du cimetière de mon village, où je m’étais arrêté après de longues années d’absence. C’était un agréable endroit ; une pente douce de terre rejoignant un ruisseau qui brillait en courant à travers les cèdres et les genévriers, dominée de l’autre côté par