Page:TheatreLatin1.djvu/25

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DES COMÉDIES DE PLAUTE. xtx et pleins d’iutéret; mais on voit les tatonnements de Part seul moyen de succès de l‘amour dans Page mûr, et qui dramatique qui s’cssave ; les événements ne sont pas assez suppléant souvent aux plus brillants avantages. préparés, assez liés entre eux. Malheureusement la jalousie de la lemme de Demiphon Calidore est amoureux de Phéuicie; mais le marchand vient proteger son fils contre son mari. Demiphon est d’esclaw es l’n vendue à un utilitaire macédonien qui lui u trop Faible pour résister àces deux adversaires; notre ga- douné ou bou acompte. ll la remettra à celui qui appor- laut à cheveux gris se voit forcé, comme tous ses cou- tera le reste de la somme due. Phènicie annonce cette freres , dabandonner la belle au jeune homme , et de triste nouvelle à son amant dans un hillet plein de sensi· demander pardon à sa femme. bilité. Dans cette extrémité, Calidore s’adresSeà son esclave Cette pièce est remarquable par des ressorts drama· Pseudolus , dont l'habiIeté dès longtemps éprouvée saura tiques hardis et nouveaux. L’euchère de la jeune esclave trouver l‘zu·gcut necessaire. Pseudotus va droit au père de entre les deux rivaux , la folie mise sur le théatre , sont Calidore, lui apprend l`amour et la détresse de son lits, ct des tableaux pleins de comique, d’iuterct et dbriginalité; lui declare avec audace que ce sera lui, le pere de Cali- ils doivent produire , par le rare merite du style , autant dore, qui procurera Purgent pour le succès de Yintrigue. d'e|`fcâ sur le lecteur que sur le public assemblé. Le vieillard, qui se tlatte de lutter de ruse avec l’esclave, accepte le defi ; mais les vieillards ne sont pas heureux au LES MÉNECHMES_ jeu.Pseudolus trompe le marchand d’esclaves, et escroque _ _ _ le bonhomme, qui s’avonc battu et paye Yamende : car le NOUS ¤X¤mlï1€|‘0¤S ell 5011 llêlt œttü Dtèœ Clmltlilm‘t· vieux Simon a meme Phonnetelé de payer le pari, vingt Nous nous hornerons à dire qu'elle prouve que Plaute a mines qu’ila promises à Pseudolus , si le fripon reussissait COM'! et Wltîvë IWBC SUCGÈS t0\lS l€S genfêâ , la Cûmédlô à le duper. Le role de Ballion, le marchand d’esclaves, est de mœurs dans lhlululalre ou l’Avare , la comédie d’in- tracé de main ne maître. ce nom était devenir le nom trigue dans Epidicus ,comme celle qui vit de méprises et commun à tous les gens de cette profession. Uétait le de malentendus habilement prolongés. triomphe de Itoscius Nous ajouterons une remarque commune aux Ménech- On voit encore ici une guerre de ruses et de triponneries, ms et à Amphitryon, pièces du même genre. L’étendue entre un esclave et un agent de débauche: le prix du du théâtre ancien, le masque des acteurs rendaient l’illu- vainqueur est une courtisane. Ces peintures peu morales sion facile dans ces sortes de comédies, et la ressemblance offensant notre délicatesse. Mais détaitlegout dn parterre de deux personnages très-naturelle. 0n pouvait meme de Rome, et les auteurs sont les très-humbles serviteurs craindre la confusion. Aussi dans Amphitryon, Mercure du public. Ce goût, <l’aitlenrs, n’est-it pas un peu le nôtre n-t~1l Soin d’avcrth· le spectateur à quels signes Jupiter et aussi? La vertu est fort belle, mais fait bàiller bien vite lui seront reconnaissables. Molière, sentant que sur notre au théatre. Le vice et le crime sont les sources communes scène étroite et bornée, Yexcès de l’illusion ni l’erreur du de la Comédie et de la tragédie. Nous avons sans doute Pühlltî ll'Éî3î0I\î È Cfüilldre , 3 Su pprimé la précaution de adouci les traits, emhelli la lcrme; mais le fond est resté Plante. Reguard, dont le gout était moins délicat, a trans- le mème. On ajoutera que les relations sociales, les ren- Dürté cet artifiœ inutile dans les Menechnnes, et, de peur nions des deux sexes t"ormeul seules le bou ton et com- que le public ne prenne le etrange, il attache un signe mandent la décence. (Test lc commerce du monde qui a certain au chapeau dîun des ménechmes. _ établi les hienséauces et fixe les convenances du théatre. on tl°“"° dam la Pièce de Plautc des détails Wllwx et Les Romains n’avaieut point de salons, Un personnage pl6îS¤·111tS SUP l’împ0¤‘t¤¤îté des clients et les habitudes du dcPlaute dit: « La maison des eourtisanes est le rendez- l>¤F'€ît\\ de K0l¤0· « vous de tout le monde , du plebéien et du chevalier, îï. « de Fhounete homme et du fripon. ·· Ge genre de vie de- Vâlt S8 ['CtI’0ll\'Ct‘ Slt! la SCÈII8. PLAN DES THÉA'fBES ANTIQUES i Quelques notions sur les théâtres des anciens semblent · LE MARCHAND. nécessaires à Pintelligence de leurs œuvres dramatiques. Nous avons emprunté les détails techniques à une savante L6 lecteur qui, sur la foi du titre, croira trouver la dissertationde l’autem· destîuines de Pompéi, feu Mazois, peinture des mœurs et des ridicules d’un marchand de que les amis des bcaux·arls regretterout longtemps. Rome, sera trompé dans son attente; les Romains , tout Les théâtres ne furent d’abord construits qu’cn char- entiers au métier des armes ou à Pagriculture, abandon- pente. Ils ne duraient pas plus que les fetes célebrées par naieut le commerce aux affranchis et aux etrangers. Mais des représentations dramatiques. A ces monuments éphé- ou peut compter sur une pièce attachante , originale et mères suecédèrent bientot de somptueux édilices de mar- d’un vrai comique. bre et de bronze, dont les ruines seules fout encore Pad- ll s’agit , comme dans l'Astnairc et les Bacckis , de la miration du monde. Plante ne vit point cette magnificence. rivalité d’un père et de son fils- Mais lc combat sera plus ce n’e5t qu’en ooo que Pompéi: donna aux Romains un uf, plus dramatique , et surtout plus décent. theatre en pierre qui réunissait 40,000 spectateurs. Pline Le suiet est annoncé et la curiosité excitée des le début. l’aucîen a décrit une représentation au théatre de Scaurus, Le lits arrive avec une ienne courtisane, qu’il a cachée qui passe tous les ralliucments, toutes les délicatesses du dans uu com dc son vaisseau. Son père va au-devant de lnxe et de Pelégance modernes. C’cSl le tableau d’une fete lui, aperçoit la belle, et la trouve à son goût. Ce vieillard de l’0lympe. Uimagination est éblouie , confondue. n‘est pas taillé sur le patron des pères imbéciles et cré- Les théâtres antiques étaient découverts ; on u’étaît ga- tlules. dont on a hou marché avec le secours d’un valet. ranti des ardeurs du soleil et de Pintcmpéric des saisons Son habileté , sa prudence , luttent avec avantage contre que par une toile tendue avec force awdessus du théâtre, la passion étourdie et présomptueuse du jeune homme. au moyen de cordages passés dans des poulies attachées à Plante a su peindre a merveille l’expérieuce et la discré- des pieces de bois qui pénétraient profondément dans la tion, qui sont le caractere particulier, la seule force , le maconnerie des murs extérieurs.