Page:Verhaeren - Poèmes légendaires de Flandre et de Brabant, 1916.djvu/32

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Après avoir songé ainsi, comme il s’en vint

Joindre ses courtisans et ses hommes de guerre
Et la reine qui l’attendait, les échevins
Très empressés et très courbés, le saluèrent.
Leurs blancs chevaux caracolaient autour du sien,
Ils lui offraient de lourds joyaux de style ancien,
Et des tissus de pourpre, où de belles colères
De chiens et d’ours étaient peintes, parmi des fleurs ;
Des pucelles tenaient en main des branches vertes ;
Des roses s’échappaient de corbeilles ouvertes ;
Le roi remerciait gaîment, et les lueurs

Du frais soleil de Mai jouaient dans sa couronne.


« Je suis, — dit-il — quelqu’un qui juge et qui pardonne,

Il faut avoir créance en le pouvoir des rois. »
Puis il cavalcada vers le beffroi
Qui se haussait jusqu’aux nuées,

Plein de cloches qui menaçaient.


Au pied du monument rugueux, se convulsait

Un large et lourd afflux de foules remuées.
Les auberges, fourneaux ouverts, dardaient leurs feux

Et de brusques odeurs puissantes et bourrues