Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/25

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ne reconnaissant point aux dieux une forme humaine, ne leur élèvent ni temples, ni autels, et se contentent de les adorer sur le sommet des montagnes. Il note ensuite leurs coutumes domestiques, leur dédain pour la viande, leur goût pour les friandises, leur passion pour le vin, l’habitude qu’ils ont de traiter les affaires sérieuses quand ils ont bu avec excès, leur curiosité des usages étrangers, leur ardeur pour les plaisirs, leurs vertus guerrières, leur sévérité bien entendue pour l’éducation des enfants, leur respect pour la vie de l’homme et même de l’esclave, leur horreur du mensonge et des dettes, leur répugnance pour tout lépreux, dont la maladie prouve que « l’infortuné a péché contre le soleil. »

L’Inde d’Hérodote, suivant M. Vivien de Saint-Martin, ne comprend guère que la contrée arrosée par les cinq affluents du Pendjab actuel, en y adjoignant l’Afghanistan. C’est là que le jeune voyageur porta ses pas en quittant le royaume de Perse. Pour lui, les Indiens sont les plus nombreux des peuples connus. Les uns ont une demeure fixe, les autres sont nomades. Ceux de l’est, nommés Padéens, tuent les malades et les vieillards, et ils les mangent. Ceux du nord, les plus braves et les plus industrieux, recueillent les sables aurifères. L’Inde, pour Hérodote, est la dernière contrée habitée à l’est, et il observe « que les extrémités de la terre ont eu en quelque sorte en partage ce qu’elle a eu de plus beau, comme la Grèce a la plus agréable température des saisons. »

Hérodote, infatigable, passe ensuite en Médie. Il fait