Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/61

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En quittant Constantinople, Benjamin de Tudele visita l’ancienne Bisanthe, Gallipoli et Kilia, port de la côte orientale ; puis, s’embarquant, il parcourut les îles de l’archipel, Mitylène, Chio, qui fait le commerce du suc de pistachier, Samos, Rhodes et Chypre. Faisant voile vers la terre d’Aram, il passa par Messis, par Antioche, dont il admira le service des eaux, et par Latachia, pour arriver à Tripoli, récemment éprouvée par un tremblement de terre qui s’était fait sentir dans tout le pays d’Israël. De Tripoli, on le voit toucher à Beyrouth, à Sidon, à Tyr, célèbre pour sa pourpre et sa fabrication du verre, à Acre, à Khaifa, près du mont Carmel, dans lequel est creusée la grotte d’Élie, à Capharnaum, à Césarée, très-belle et bonne ville, à Kakon, à Samarie, bâtie au milieu d’une campagne entrecoupée de ruisseaux et riche en jardins, en vergers, en vignobles et en oliviers, à Naplouse, à Gabaon, et il arrive à Jérusalem.

Dans la cité sainte, le juif espagnol ne pouvait rien voir de ce qu’un chrétien y eût vu sans doute. Pour lui, Jérusalem est une petite ville défendue par trois murailles et fort peuplée de Jacobites, de Syriens, de Grecs, de Géorgiens et de Francs de toutes langue et nation. Elle possède deux hôpitaux, dont l’un est habité par quatre cents chevaliers toujours prêts pour la guerre, un grand temple qui est le tombeau de « cet homme », qualification donnée à Jésus-Christ par le Talmud, et une maison dans laquelle les juifs, moyennant une redevance, ont le privilège de faire de la teinture. D’ailleurs,