Page:Verne - Maître du monde, Hetzel, 1904.djvu/107

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VIII. À tout prix.


Ce fut comme une révélation, et d’un effet immense, acceptée, dirait-on, unanimement. Étant donné la propension de l’esprit humain vers l’extraordinaire, souvent même vers l’impossible, personne n’en voulut plus douter. Non seulement c’était le même inventeur, mais c’était le même appareil.

Et pourtant, comment pouvait s’accomplir, dans la pratique, cette transformation d’une automobile qui devenait bateau, puis sous-marin ?… Un engin de locomotion propre à circuler sur terre, sur et sous les eaux !… Eh bien, il ne lui manquerait plus que de voler à travers l’espace !

Mais, enfin, rien qu’à s’en tenir à ce que l’on savait, à ce qui était constaté, à ces faits auxquels de nombreux témoins apportaient un indiscutable appui, cela devait être regardé comme absolument extraordinaire. Aussi le public, déjà blasé sur les derniers événements, trouva-t-il un nouveau regain de curiosité.

Tout d’abord les journaux firent cette observation très juste : En admettant qu’il y eût trois appareils distincts, ils étaient actionnés par un moteur d’une puissance supérieure à tous ceux que l’on connaissait. Ce moteur avait fait ses preuves, et quelles preuves, puisqu’il engendrait cette vitesse d’un mille et demi par minute !

Eh bien, au créateur de cette machine, il fallait acheter son