Page:Verne - Une ville flottante, 1872.djvu/156

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avec une conviction qui pénétrait le cœur de James Playfair, et cela à son insu. Elle aimait son pays ; elle se passionnait pour la grande idée de l’Union, et elle s’exprimait sur la guerre des États-Unis avec un enthousiasme dont toute autre femme n’eût pas été capable. Aussi arriva-t-il plus d’une fois que James Playfair fut fort embarrassé de lui répondre. Souvent même les opinions du « négociant » se trouvaient en jeu, et Jenny les attaquait avec non moins de vigueur et ne voulait transiger en aucune façon. D’abord, James discuta beaucoup. Il essaya de soutenir les confédérés contre les fédéraux, de prouver que le droit était du côté des sécessionnistes et d’affirmer que des gens qui s’étaient réunis volontairement pouvaient se séparer de même. Mais la jeune fille ne voulut pas céder sur ce point ; elle démontra, d’ailleurs, que la question de l’esclavage primait toutes les autres dans cette lutte des Américains du Nord contre ceux du Sud, qu’il s’agissait beaucoup