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L’ANCIEN SCEPTICISME.
CHAPITRE PREMIER.
Les historiens divisent d’ordinaire l’histoire du scepticisme en deux parties : ils distinguent l’ancien scepticisme et le nouveau ; entre les deux se place naturellement la nouvelle Académie. Parmi les anciens sceptiques, Pyrrhon et Timon sont les seuls sur lesquels nous ayons des renseignements précis ; le nouveau scepticisme commence avec Ænésidème ; Agrippa et Sextus Empiricus en sont les principaux représentants.
Cette division a un grand défaut ; elle est en désaccord avec celle qu’indiquent les sceptiques eux-mêmes. Un texte de Sextus distingue bien les anciens et les nouveaux sceptiques ; mais Ænésidème est rangé parmi les anciens. « Les anciens sceptiques, dit Sextus[1] nous ont transmis dix tropes qui concluent à la suspension du jugement. « Or, dans un autre passage, les dix tropes sont formellement attribués à Ænésidème[2]. Haas[3],