Page:Victor Brochard - Les Sceptiques grecs.djvu/89

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


pour la dispute; ainsi Diogène[1] raconte que pour se soustraire aux questions qu’on loi adressait, il jeta son manteau et traversa l’Alphée à la nage. Il était , dit encore Diogène» l’ennemi déclaré des sophistes.

Sur Hécatée d’Abdère nous avons quelques renseignements plus précis. Il vécut auprès de Ptolémée Lagi et l’accompagna dans son expédition en Syrie [2]. Josèphe[3] l’appelle ([texte grec]): d’où on peut conclure qu’à ses yeux la pratique et l’action avaient bien plus de prix que la théorie. Hécatée avait composé un livre sur la philosophie des Égyptiens, puis des ouvrages étrangers à la philosophie [4], entre untres un livre sur les Juifs et Abraham [5]. C’est un trait qui lui est commun avec Timon. Ces philosophes, après avoir demandé à la philosophie tout ce qu’elle pouvait leur donner, c’est-à-dire une règle de conduite, s’adonnaient à d’autres travaux.

I.

Le véritable successeur de Pyrrhon, le confident de ses pensées et l’héritier de sa doctrine fut Timon [6].

Il naquit [7] à Phlionte vers 325 av. J.-C. et mourut à







(’) Pour fixer la date de Timon, voici les renseignementsi dont nous disposons : 1- il fut disciple de Stilpon , Diog. , IX , 109 ; 2- il vécut quatre-vingt-dix ana, ibid.,112; 3- il survécnt à Arcésilas, car il composa un Banquet funèbre d’Arcésilas, ibid. 115; 4- enfin il fut l'ami de Lacydes, successeur d'Arcésilas, avec lequel Athénée (X, 438) rapporte qu’il lui arriva de s'énivrer. (CL Élien, Var BùL^ II, A t.) Or, StilpOD ne parait pas avoir véca au ddâ des premières années du 111* àènAe (ZeHer, op. ctl., LU, ai 1, 1). On peut croire que Tinx>Q, qui avait été dansenr avant d*étre philosophe, était Agé d’environ vingt-cinq ans lorsqu’il arriva à Mégare, ce qui place la date de sa naissance vers 3a5. La date de sa mort serait alors a3ô , tm qui eoncorde bien avec tes autres renseignements : Arcésilas mourut vers aâi (ZeUer, t. IV, p. A91, 3), et dans l’intervalle qui sépsre cette dste de l’sn a35. Timon eut tout le temps nécessaire pour changer d’opinion sur le comple d’Areé-

  1. Diog., IX, 69.
  2. Ce philosophé ne doit pas être confondu (il l’a été) avec Hécatée de Milet l’historien. Voir Panly, Real, Eneyclop, der AUerthumitmêëenêchaffï, Stuttgart, MeCdor, 1839.
  3. Contr. Apion., I, 22.
  4. Plut., De Iside et Osiride, 9; Diog. I, 10.
  5. Josèphe, loc. cit. Cf. Antiq. Jud., I, VII, 2.
  6. Sext., M., I, 53 : ([texte grec])