Page:Vidocq - Mémoires - Tome 1.djvu/94

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pas montré plus difficile lorsque Coignard, lui écrivant à M. le duque d’Albufera, s’excusait sur ce qu’émigré fort jeune, il ne pouvait connaître que très imparfaitement le français.

On se met à table : le dîner se passe à merveille. Au dessert, la baronne me dit à l’oreille : « Je sais, mon ami, que votre fortune est entre les mains des jacobins. Cependant vos parents qui sont à Hambourg, peuvent se trouver dans l’embarras ; faites-moi le plaisir de leur adresser une traite de trois mille florins que mon banquier vous remettra demain matin. » Je commençais des remercîments, elle m’interrompit, et quitta la table pour passer au salon. Je saisis ce moment pour dire au Général ce qui venait de m’arriver. « Eh ! nigaud, me dit-il, crois-tu m’apprendre quelque chose ?… N’est-ce pas moi qui ai soufflé à la baronne que tes parents pouvaient avoir besoin d’argent ?… Pour le moment, ces parents-là, c’est nous… Nos fonds baissent, et hasarder quelque coup pour s’en procurer, ce serait risquer de gaîté de cœur le succès de notre grande affaire… Je me charge de négocier la traite… En même temps, j’ai insinué à la baronne qu’il te fallait quelque argent pour faire figure avant le ma-