Page:Vidocq - Mémoires - Tome 1.djvu/98

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sa chambre ; je ne la revis plus. Éclairée par mon aveu, par quelques mots qui m’étaient sans doute échappés dans le trouble du moment, elle avait reconnu les périls qui la menaçaient, et, dans sa juste méfiance, peut-être me soupçonnait-elle plus coupable que je ne l’étais en effet ; peut-être croyait-elle s’être livrée à quelque grand criminel ; peut-être y avait-il là du sang !… D’un autre côté, si cette complication de déguisement devait rendre ses appréhensions bien vives, l’aveu spontané que je venais de lui faire était aussi bien propre à calmer ses inquiétudes ; cette dernière idée domina probablement chez elle, puisque le lendemain, à mon réveil, l’hôte me donna une cassette contenant quinze mille francs en or, que la baronne lui avait remise pour moi avant son départ, à une heure du matin ; je l’appris avec plaisir ; sa présence me pesait. Rien ne me retenant à Breda, je fis faire mes malles, et quelques heures après j’étais sur la route d’Amsterdam.

Je l’ai dit, je le répète : certaines parties de cette aventure pourront paraître peu naturelles, et l’on ne manquera pas d’en conclure que tout est faux ; rien n’est cependant plus exact. Les