Page:Vidocq - Mémoires - Tome 1.djvu/99

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initiales que je donne suffiront pour mettre sur la voie les personnes qui ont connu Bruxelles il y a trente ans. Il n’y a d’ailleurs dans tout cela que des situations communes, telles qu’en offre le plus mince roman. Si je suis entré dans quelques détails minutieux, ce n’est donc pas dans l’espoir d’obtenir des effets de mélodrame, mais avec l’intention de prémunir les personnes trop confiantes, contre un genre de déception employé plus fréquemment et avec plus de succès qu’on ne pense : tel est au reste le but de cet ouvrage. Qu’on le médite dans toutes ses parties, et les fonctions de procureur du roi, de juge, de gendarme et d’agent de police, se trouveront peut-être un beau matin des sinécures.

Mon séjour à Amsterdam fut très court : c’était Paris que je brûlais de voir. Après avoir touché le montant de deux traites qui faisaient partie de l’argent que m’avait laissé la baronne, je me mis en route, et le 2 mars 1796 je fis mon entrée dans cette capitale, où mon nom devait faire un jour quelque bruit. Logé rue de l’Échelle, hôtel du Gaillard-Bois, je m’occupai d’abord de changer mes ducats con-