Page:Vidocq - Mémoires - Tome 3.djvu/22

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


ceux qui pourraient être de leur connaissance. – Emmenez qui vous voudrez », lui répondis-je, et nous partîmes. Quand nous arrivâmes, il y avait une affluence considérable ; le service exigeait que nous ne fussions pas tous réunis sur un même point ; Manigant et Gaffré allaient en avant. Tout à coup, dans l’endroit où ils sont, je remarque que l’on serre un vieillard. Pressé contre un pilier, le brave homme ne sait plus où donner de la tête, il ne crie pas, par respect pour le saint lieu, cependant toute sa figure est bouleversée, sa perruque est en désarroi ; il a perdu terre, son chapeau, qu’il suit des yeux, rebondit d’épaule en épaule, tantôt s’éloignant, tantôt se rapprochant. – Messieurs, je vous en prie, – sont les seuls mots qu’il prononce d’un ton piteux, – je vous en prie et tenant d’une main sa canne à pomme d’or, et de l’autre sa tabatière et son mouchoir, il agite en l’air deux bras qu’il voudrait bien pouvoir ramener à hauteur de sa ceinture. Je comprends qu’on lui soulève sa montre, mais que puis-je faire ? je suis trop éloigné du vieillard, d’ailleurs l’avis que je donnerais serait tardif, et puis Gaffré n’est-il pas témoin et acteur de