Page:Vidocq - Mémoires - Tome 3.djvu/23

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cette scène ? s’il ne dit rien, sans doute qu’il a ses motifs pour se taire. Je pris le parti le plus sage, je gardai le silence, afin de voir venir, et dans l’espace de deux heures que dura la cérémonie, j’eus l’occasion d’observer cinq ou six fois Gaffré et Manigant. Ce dernier, qui est aujourd’hui au bagne de Brest, où il subit une condamnation à douze années de fers, était à cette époque un des plus rusés filous de la capitale ; il excellait à faire passer l’argent de la poche des autres dans la sienne ; pour lui, la transmutation des métaux se réduisait à un simple déplacement qu’il opérait avec une incroyable agilité. La petite séance qu’il fit dans l’église de Saint-Roch ne fut pas des plus productives ; cependant, sans compter la montre du vieillard, elle avait fait entrer dans son gousset deux bourses et quelques autres objets de peu de valeur.

La cérémonie terminée, nous allâmes dîner chez un traiteur ; les fidèles faisaient les frais de ce repas, rien n’y fut épargné. On but copieusement, et au dessert on me mit dans la confidence de ce qu’il eût été impossible