Page:Vidocq - Mémoires - Tome 3.djvu/30

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énorme, balançant ses mains à six pouces du sol, comme s’il eût voulu raser le pavé, il compléta la menace par une retraite de corps et par un avancé de jambes dans lequel la mobilité de ses pieds n’était pas ce qu’il avait de moins grotesque.

— C’est bien, dis-je à Goupil, tu ne m’avaleras pas. Nous partagerons, c’est convenu.

— Foi de grinche ?

— Oui, sois tranquille.

Goupil prit aussitôt le chemin de la Courtille, où il allait fréquemment, et moi celui de la préfecture de police, où j’instruisis M. Henry de la proposition que l’on m’avait faite. – J’espère, me dit ce chef, que vous ne vous prêterez pas à cette intrigue. Je lui protestai que je n’y étais nullement disposé, et il témoigna qu’il me savait bon gré de l’avoir averti. – Actuellement, ajouta-t-il, je vais vous donner une preuve de l’intérêt que je vous porte, et il se leva pour prendre dans son casier un carton qu’il ouvrit : – Vous voyez qu’il est plein ; ce sont des rapports contre vous ; il n’en manque pas, et pourtant si je vous emploie, c’est que je ne crois pas un mot de ce qu’ils disent. Ces rapports étaient l’œuvre des inspecteurs et