Page:Vidocq - Mémoires - Tome 3.djvu/33

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péré avec eux à quelques découvertes de peu d’importance, ils mirent tant de bonne grâce à me donner les renseignements que je demandais, qu’en homme qui a le savoir-vivre des gens avec lesquels il se trouve en rapport, je leur fis l’offre de les régaler d’une bouteille de vin au plus prochain cabaret : Corvet seul accepta, et nous allâmes ensemble nous installer dans un cabinet particulier.

Le vin était excellent : nous en bûmes une bouteille, puis deux, puis trois. Un cabinet particulier et trois bouteilles de vin, il n’en faut pas tant pour disposer à la confidence. Depuis une heure environ, je croyais m’apercevoir que Corvet avait quelque ouverture à me faire ; enfin, étant un peu lancé : « Écoute, Vidocq, me dit-il, en posant bruyamment son verre sur la table, t’es un bon enfant, mais t’es pas franc avec les amis ; nous savons bien que tu travailles, mais t’es une lime sourde (un dissimulé) : sans ça nous pourrions faire de bonnes affaires. »

J’eus d’abord l’air de ne pas comprendre.

« Tiens, reprit-il, t’as beau battre, on ne m’en conte pas, à moi ; je n’ai pas vu de ton urine, mais je sais de quoi qui retourne. Je vais te parler comme si t’étais mon frère, après